Protégeons nos libertés individuelles

En ce qui concerne les relations entre l’individu et la société, le nouveau paradigme invite à regarder comment évoluent en même temps, l’un par rapport à l’autre, l’un grâce à l’autre. La question n’est donc pas de déterminer lequel prime sur l’autre de l’individu ou de la société, de tel groupe ou de tel autre. L’idéologie de la lutte pour la dominance de l’un par rapport à l’autre est mise hors jeu dés que l’on considère que l’un n’existe et n’évolue que par relation avec l’autre, et réciproquement. Ce qui gêne le plus les tenants de la lutte des classes, c’est bien que cette nouvelle dialectique conduit à une osmose permanente entre les classes sociales et met en échec l’idée d’un pouvoir politique défendant les intérêts d’une classe par opposition aux autres.

Ainsi lorsqu’un groupe détourne le pouvoir pour s’imposer à un autre groupe, il devient hégémonique et le système se bloque; l’hégémonie est l’ennemie du système d’échange. Voilà pour le politique de quoi méditer, préoccupé qu’il est depuis des décennies d’un faux débat qu’entretiennent tenants du libéralisme et tenant du collectivisme sur ce qui serait le meilleur système politique, alors qu’ils ne sont que les tenants d’un même principe pervers, aux mêmes effets pervers, de dominance de l’un par rapport à l’autre, de l’État sur l’individu, ou de l’individu sur l’État.

Ce regard neuf sur l’analyse-système, et sur le principe d’auto-organisation, nous indique, que pour le système composé par individu et société fonctionne de façon satisfaisante, que chacun a besoin d’une autonomie propre, d’un degré de liberté minimum par lequel s’opère une régulation constante. L’État n’a pas à définir ni ce qu’est le bonheur individuel, ni les valeurs auxquelles il doit croire; il n’a pas à entrer dans le projet intérieur de l’individu, sinon il est conduit tout droit à devoir l’imposer à tout prix. L’État doit simplement intervenir dans les relations entre individus et groupes pour faire respecter le principe « systémique » de préservation de la liberté et de l’autonomie de choix de chacun. L’État doit garantir l’exercice et l’épanouissement de la multiplicité, de la différence, et non pas établir un modèle et vouloir que l’on s’y conforme. Le civisme du citoyen est à ce prix. L’acceptation d’une certaine limitation de son propre degré de différenciation et de liberté, pour que l’ensemble puisse mieux fonctionner, n’est possible que si le citoyen a conscience que l’Etat respecte les zones d’autonomie de chacun. Lorsque le citoyen perçoit qu’il y a détournement de pouvoir et de but, alors il réagit. C’est l’incivisme de l’Etat qui crée en réaction l’acivisme du citoyen.

Chaque individu, entreprise, groupe social, a intérêt à ce que l’autre, à commencer par l’État, reste dans sa fonction, dans son but, et respecte les principes d’autonomie, de variété et d’auto-organisation. L’entreprise a intérêt, et réciproquement l’État, à se sentir par elle même responsable et autonome dans sa décision de régulation de ses prix, de ses employés, de ses ressources. Si par l’effet pervers du pouvoir que lui confère sa liberté, elle veut détourner à son profit apparent et immédiat l’exercice de cette liberté de décision, en retour elle risque de provoquer de la part de l’État une intervention pouvant aller jusqu’à la suppression de celle ci (l’abus de la liberté des prix conduit au blocage des prix). A l’inverse, si par détournement de son pouvoir de régulation l’État veut s’approprier cette liberté et décider par lui même, alors l’entité entreprise réagira et aura tendance à réordonner les chose, produits, marchés, clientèles, de telle sorte qu’elle puisse retrouver son degré de liberté, en contournant l’obstacle de l’État.

Il en est de même sur le plan des individus en tant que personne. L’État doit rester dans sa fonction, dans son but, et respecter les principes d’autonomie de chacun d’entre nous. A l’inverse nous nous devons de respecter la loi et d’assumer nos actions. Pour protéger quelques irresponsables l’État finalement pénalise une majorité de gens sérieux. C’est ainsi qu’il veut restreindre l’accès au crédit, l’utilisation du crédit révolving, et pourquoi pas l’interdiction de fumer, de boire, de jouer. Si pour certains il y a surendettement ou addiction qu’ils assument mais qu’on ne vienne pas attenter à notre liberté de choisir. L’État devient comme certains syndicats : il veut faire notre bonheur malgré nous, décider lui même de ce qui est bon ou pas pour nous. Prenons garde, on ne sait pas où sont les limites, il y a tout de même 233 députés qui ont voté contre la loi sur les jeux en ligne. Mais de quel droit m’empêcherait-on de jouer si j’en ai envie, je suis quelqu’un de responsable. Heureusement 299 autres députés ont ce respect de la liberté individuelle. Et tant qu’on y est,  pourquoi ne pas faire voter une loi qui rende le préservatif obligatoire parce que faire l’amour peut aujourd’hui entraîner la mort. Chacun est responsable de ce qu’il fait ou ne fait pas.

Il est indéniable que depuis un certain nombre d’années nous vivons sous le régime de l’Etat providence et de la société d’assurances tous risques. Il faudra bien arriver à se poser la question de fond, celle de l’arrêt de cette société dans laquelle nous sommes complètement pris en charge. L’État envahit notre vie, il la gère, il pense pour nous, il décide pour nous et si cela satisfait les étatistes et ceux qui sont incapables de s’assumer cela devient pénible pour les autres.

Le blocage de la plupart des systèmes administratifs publics et l’incroyable inefficience de ceux-ci donnent naissance à un courant de protestation et de contestation salutaire parmi un certain nombre de nos concitoyens. La société civile doit se rebeller contre le pouvoir omniprésent de l’État; pouvoir devenu hégémonique tant il s’est détourné de sa finalité première de service des citoyens, pour ne fonctionner plus que par lui même jusqu’à devenir une immense machine de production de pouvoir. On doit se rebeller contre la croissance sans fin des dépenses publiques qui a conduit à ce que la moitié de la richesse produite soit prélevée par l’État, tendance, qui ne saurait être stoppée du fait du ralentissement de l’activité dans les économies mondiales et du poids du chômage à financer qui en résulte. On doit se rebeller contre un système qui tourne pour lui même et ne semble plus contrôlé par personne, ni par les citoyens ou leur représentation élue, ni par les gouvernants qui en ont pourtant la direction ou la tutelle. Il faut se rebeller enfin contre toutes les dépendances accumulées : du consommateur à l’égard du producteur, du contribuable à l’égard du fisc, de l’entrepreneur à l’égard des contrôleurs…

Ce vaste mouvement de retour à l’autonomie de soi et de libération des divers monopoles qui s’acharnent en toute impunité sur l’individu doit avoir la force d’une lame de fond sur le point de submerger tous ces appareils de contrôles et d’irresponsabilité. Oui, le système démocratique actuel doit imploser. Précisément parce qu’il ne répond plus à cette exigence démocratique, d’exercice d’une souveraineté déléguée au profit du déléguant, c’est à dire pour le service de la population, de la société civile. L’abus de pouvoir conduit à la rébellion contre le pouvoir lui même.

La société civile doit entamer le processus de réappropriation de ses pouvoirs confisqués. Les appareils de l’État résistent, rendant ce processus presque révolutionnaire, et faisant de cette réappropriation l’enjeu d’une fantastique bataille politique. Dans la plupart des pays européens, le débat politique oppose désormais les tenants d’un retour à moins d’État, moins de dépenses publiques, plus de liberté, à ceux qui ne voient d’autres issue à la crise économique actuelle que l’extension de l’intervention de l’État et la socialisation des difficultés.

Chaque lecteur aura compris à travers ce billet que je suis totalement opposé à la main mise de l’État sur la vie des citoyens et ce n’est pas la première fois que je le dis mais il faut le répéter encore et encore sinon un jour on vous prendra la main pour traverser la rue. Ensuite vous ne vous en rendrez même plus compte et cette main, par habitude d’être pris en charge, on aura plus à vous la prendre parce que c’est vous qui la tendrez. Vous serez alors victime d’une addiction d’un genre nouveau,  l’addiction à l’Etat. Beaucoup en sont victimes, n’allongez pas la liste.

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