Oui à la relance, non à l’étatisme

Dans son programme présidentiel, Nicolas Sarkozy avait promis un certain nombre de réformes qu’il avait commencé à entreprendre lorsque tel Zorro et surgi de nulle part est arrivée la crise financière. Bien sûr, sur les blogs qui savent et ailleurs on avait prévu cette crise, il était évident qu’elle devait arriver un jour où l’autre.

C’est donc au moment où les reformes étaient en cours que la crise financière est arrivée. Nos compatriotes et ce depuis quelques années avait admis comme étant nécessaire les vertus à la fois de la concurrence et de l’initiative privée. Ils devenaient d’autant plus convaincus que les résultats étaient là, un taux de chômage ramené à 7% la loi TEPA qui permettait de travailler plus pour gagner plus et dont nombre de salariés profitaient des bienfaits, elle permettait également à nombre de Français de se constituer un capital transmissible à leurs proches sans que l’État vienne y aiguiser son appétit, le travail des étudiants n’entrait plus dans l’impôt, le bouclier fiscal encourageait les volontaires à travailler sans que le fisc vienne leur ponctionner 75% des fruits de ce travail. Par ailleurs les organisations syndicales peinaient à mobiliser leurs troupes et avaient du accepter bon gré mal gré des réformes telles que celle des régimes spéciaux de retraite…

Et puis catastrophe la crise financière est passée par là. Les épargnants qui avaient tout (ce qui est erreur) ou partie de leur argent en bourse ont vu cette épargne divisée par 2, les fonds de pension n’ont pas été épargnés. Les entreprises ont dû se séparer des emplois précaires et ceux qui souhaitaient travailler plus pour gagner plus n’en n’ont plus la possibilité où tout au moins celle-ci s’est considérablement réduite. Le chômage fait à nouveau son apparition dans des proportions inquiétantes et l’entreprise privée voit sa côte baisser au profit des emplois plus stables et sans risque de la fonction publique. Ceux qui demandaient à l’État de ne pas se mêler de leurs affaires lui lancent aujourd’hui des appels au secours, l’État providence revient à la mode.

Le travail qui était entrepris depuis des années auprès des Français s’est ainsi trouvé anéanti en quelques semaines, aidé en cela par ceux qui ont toujours combattu la mondialisation, l’Europe, le libre échange et qui voient là une occasion de démontrer qu’ils ont toujours eu raison et surtout de prendre leur revanche sur on ne sait trop sur quoi ou sur qui.

L’État a bien entendu ces appels de détresse. L’Angleterre a à moitié nationalisé ses banques en entrant dans leur capital, Aux États Unis et chez nous en France c’est le secteur automobile qu’il faut soutenir et même l’ Allemagne qui est probablement le pays d’ Europe le plus réfractaire aux interventions de l’État a lancé un plan de relance après avoir beaucoup hésité.

Cette crise planétaire nous a amené,nous, le pays du colbertisme, à faire de même. Le président de la République a été dans l’obligation de hiérarchiser les réformes, je n’ose pas dire abandonner. C’est ainsi que des réformes en cours comme le travail dominical ou celle du lycée ont été laissées sur le côté, provisoirement j’espère, afin que l’État s’occupe pleinement des mesures à prendre face à cette crise et puisse rassurer en partie les citoyens. Nous sommes de nouveau dans une phase de l’État protecteur. Nous avons donc nous aussi mis en œuvre un plan de relance qui devra probablement être adapté aux événements. L’État est entré dans le capital de certaines banques et dans celui d’entreprises industrielles. Il a également , dans l’objectif de protéger notre épargne et nos emplois, porté sa garantie au système bancaire et proposé de prêter de l’argent aux banques.

Mais il nous faut être vigilant car la gauche et les anti européens,trouvent dans cette crise des intérêts communs qui leur donne des arguments, pour les uns de combattre le gouvernement et pour les autres de développer leurs thèses contre le libre échange. Il ne faudrait pas qu’une gauche divisée refasse une unité de façade sur des événements dont le gouvernement n’est en rien responsable.

On se doit de soutenir le gouvernement dans son rôle de protecteur des Français, son intervention pour sauver l’épargne et les emplois est bien fondée, il a raison d’exiger des banques qu’elles se préoccupent de ceux qui ont encore le courage de se lancer dans la création où tout simplement d’aider ceux qui veulent éviter la faillite. Il doit aussi veiller à ce que le fleuron de nos entreprises ne fassent pas l’objet de convoitises de gens mal intentionnés, ce qui paraît quand même peu probable car ailleurs les valeurs boursières ont subi la même dégringolade. Nous devrions être capables de comprendre les difficultés compte tenu de la période difficile que nous traversons.

Le plan de relance que vient de dévoiler le Premier ministre est un bon plan pour deux raisons essentielles. La premiere c’est qu’il localise les emplois induits et la seconde parce qu’il est social. Les détracteurs sont déjà montés au créneau, le gouvernement ne fait que ce qui était prévu disent-ils ? Et alors, C’est certes vrai pour certains travaux, mais pas pour tous. Et concernant ceux qui étaient prévus, il va y avoir ainsi une nette accélération qui va, à la fois, être créatrice d’emplois pour l’immédiat et améliorer des conditions de vie ou de travail par la création ou la rénovation de bâtiments et d’infrastructures.Et puis si ce plan s’avère insuffisant il sera toujours temps de le revoir à la hausse, solution non écartée par le gouvernement. De plus cela présentera l’avantage de déterminer avec plus de précision les secteurs où devra aller cet argent.

Mais il nous faut être vigilant, la croissance d’un pays comme le nôtre ne peut provenir d’un État interventionniste. Elle dépend des entreprises, des investisseurs, des banquiers, des consommateurs. De toute façon il nous faudra en fin de compte payer l’addition, nous ou nos enfants voire petits enfants. En clair une fois son travail accompli le sauveur à savoir l’Etat doit se retirer et retourner aux tâches qui sont les siennes.

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