Olivier au ralenti

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Pour la première fois et ce, à l’occasion des élections régionales Olivier Besancenot est contesté à l’intérieur même de son parti. En effet, il veut, dans toutes les régions, partir seul devant les électeurs. Sa position, celle de listes autonomes n’a obtenu que 36,30% des voix des militants. Le texte favorable aux listes unitaires et accord de gestion avec le PC, le Front de gauche et le parti de gauche n’est pas bien loin derrière avec 31,5%. L’écart est si faible que Pierre-François Grond, membre de la direction du parti et proche d’Olivier Besancenot a déclaré  » Avoir 36% des voix, ce n’est pas bon pour la direction d’un parti, il y a un vrai désaveu ,on a été un peu pris en tenaille entre ceux pour qui l’unité est « vouée à l’échec », et « ceux qui nous reprochent de ne pas être aller jusqu’au bout« . Ce qui sépare Olivier Besancenot et ses partisans, d’avec les autres partis de gauche n’est pas nouveau. Le NPA n’est absolument pas un parti de gouvernement, même en ce qui concerne les exécutifs régionaux. Le PC et le front de gauche même s’ils font des listes séparés avec les socialistes seraient prêts à passer des accords de gestion avec le PS alors que pour Besancenot, il n’en est pas question. Au niveau national chacun se renvoie sur les responsabilités de l’échec, alors qu’il semble que dans quelques régions des accords soient possibles et cela semble être notamment le cas en Languedoc-Roussillon où l’anti-Frêche est très fort , mais également en Bretagne, en basse-Normandie et peut être en Lorraine.

Christian Lamothe plus connu sous le nom de Christian Piquet est un des membres fondateurs du NPA. Il a lui aussi contesté la ligne Besancenot et a été amené a démissionné pour rejoindre le front de gauche où il est devenu me semble t-il porte-parole. Leila Chalbi favorable aux listes unitaires n’est pas très loin de vouloir également prendre la porte. Je ne surprendrai personne en disant que ce phénomène n’est pas nouveau. En effet, la gauche radicale a toujours eu beaucoup de difficultés à se rassembler. Je crois qu’aux dernières élections présidentielles cette gauche radicale présentait trois candidat ( NPA, LO et le PT). Plus récemment aux élections européennes le NPA et le Front de gauche de Marie Georges Buffet et de jean Luc Mélenchon n’avaient déjà pas pu trouver un terrain d’entente.

Le NPA lui même est divisé en trois courant. Un courant très dur et qui n’est pour aucun accord avec les autres partis de gauche. Ce sont les anciens de la LCR et qui pèsent 28,5% des militants. Le deuxième courant, celui de Besancenot pèse lui 36,3%, est favorable à des listes unitaires mais sans accord de gestion des exécutifs régionaux et enfin, un troisième courant mené par Leila Chalbi favorable à des accord électoraux et de gestion avec les autres partis de gauche, ce courant représente 31,5%. Le problème de Besancenot est qu’il considère que tout accord même avec une autre formation de gauche comme un reniement de son identité.

Pour Olivier Besancenot et le NPA, le risque est réel de voir des militants quitter le parti tant une majorité se dégage en faveur de listes unitaires avec les autres parti de gauche sauf le PS. Besancenot si populaire il y a encore peu voit sa côte baissée à une vitesse impressionnante. Dans un récent sondage il vient de perdre 5 places d’un coup. En fait aujourd’hui on en est à se demander à quoi sert Besancenot ? Depuis sa création le NPA a déjà perdu 1.000 adhérents.

L’hebdomadaire Valeurs Actuelles a consacré il y a déjà quelques temps un excellent dossier sur le vrai visage de Besancenot, « le facteur au couteau entre les dents ».

Le journal y rappelle le programme précis du groupuscule gauchiste: Ultradirigisme d’un côté. Ultralaxisme de l’autre. En matière d’immigration, ses électeurs, et les autres, savent-ils en effet que Besancenot et son parti réclament la régularisation immédiate de tous les sans-papiers, avec l’octroi d’une carte de résident de dix ans, automatiquement renouvelable ? Savent-ils encore que le NPA revendique le droit de vote et l’éligibilité pour tous les étrangers (y compris hors Union européenne) à toutes les élections (dont la présidentielle) ? Afin de sortir de la  » criminalisation des jeunes et des pauvres « , le parti trotskiste préconise rien moins que l’abrogation des lois de sécurité et même… la suppression des fichiers informatiques de police ! Les  » contrôles  » étant, en revanche, renforcés dans le domaine social.

 » Irréaliste et dangereux  » : c’est ainsi que le ministre d’ouverture Jean-Marie Bockel, interrogé par Valeurs actuelles, juge le programme de Besancenot  » Si ses recettes étaient appliquées, ajoute-t-il, on assisterait, en quelques semaines, à l’effondrement de notre économie et, assez rapidement, à la remise en cause de nos libertés.  » L’adhésion de Jean-Marc Rouillan, l’ancien terroriste d’Action directe, au parti de Besancenot n’est, de ce point de vue, pas aussi anodine que ce dernier l’a laissé croire. Elle rappelle, en effet, les liens “historiques” entre l’extrême gauche et l’action violente. Liens jamais entièrement rompus : interrogé par le Monde, Pierre-François Grond, dirigeant de la LCR et proche de Besancenot, ose ainsi qualifier de simple « connerie faite il y a vingt ans » le double assassinat de Georges Besse et du général Audran ! Complice de Rouillan au moment des faits, il se murmure d’ailleurs que Nathalie Ménigon s’apprêterait,elle aussi, à rejoindre le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de Besancenot…

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