François Fillon : la revanche

Le 6 janvier, j’ai fait un résumé d’un article du «  Point » qui avait réuni un jury composé de 10 personnalités qui, après avoir analysé différents domaines ont finalisé le classement général dans lequel François Fillon était second derrière Martin hirsch. Sur 6 domaines analysés le Premier ministre était dans le tiercé dans 5 d’entre eux.

C’est ensuite « L’express » de la semaine dernière qui a fait sa « une » sur le Premier ministre sous le titre « Fillon : la revanche. » Pour l’hebdomadaire, la revanche de F Fillon se lit plus dans le regard des autres que dans la réalité du rapport de force. On se souvient de ce sobriquet le concernant « monsieur Nobody. » La campagne pour les élections régionales s’ouvre et ce n’est pas le président de la République que les têtes de listes de l’UMP veulent pour les soutenir, mais le Premier ministre. J’aime beaucoup Fillon parce qu’il représente le gaullisme social. Il a été le disciple du regretté Philippe Seguin. L’école Seguin lui a appris que contrairement à ce que fait Nicolas Sarkozy il faut garder ses convictions et ne pas céder à la mode comme le fait le chef de l’Etat en se ralliant à la cause écologique de Nicolas Hulot et Yann Arthus Bertrand. François Fillon rapporte « L’Express  » n’a jamais cru que la majorité devait s’emballer pour la cause écologique au risque de bousculer ses propres valeurs. Il préfére s’attaquer au dossier des retraites et du déficit budgétaire.

François Fillon est courageux. D’ailleurs dans le « Point » le courage a été un des six domaines etudiés et c’est précisément dans celui là qu’il a été classé premier par le jury des personnalités. Ce courage, il l’a démontré en allant au congrés des maires de France. Il a calmé la fronde et a déminé le sujet se rapportant à la taxe professionnelle. Le « Figaro » révéle que les relations entre le chef de l’Etat et son Premier ministre sont institutionnellement bonnes, fonctionnellement efficaces, et humainement correctes.

François Fillon dit « L’Express » s’est fixé trois régles de conduite auxquelles il se tient. Sur le terrain, il va là où on le lui demande, il demeure Zen en toute circonstance, et lorsqu’il s’adresse aux journalistes il ne dit que du bien du président. Le Premier ministre est ce que l’on appelle un « introverti« , alors que le chef de l’Etat est capable de parler de choses qui lui sont très personnelles, F Fillon, lui, ne le fait jamais. Depuis qu’il est en politique Fillon n’a jamais sacrifié son mode de vie. Il prend le temps de vivre, il aime à être heureux avec sa famille.

Lundi dernier c’est un autre journaliste « Philippe Reinhard » qui dans un article du quotidien « la Provence » donnait son point de vue et je le trouve particulièrement intéressant. Il affirme que après l’opinion publique qui lui accorde une cote de confiance flatteuse, les observateurs politiques sont en passe de redécouvrir le Premier ministre. La grande nouvelle de ce début d’année 2010 est que l’on a retrouvé François Fillon. Jusque-là, la position du premier des ministres paraissait singulièrement inconfortable. Cela tenait d’abord à l’énergie débordante de Nicolas Sarkozy qui laissait peu d’espace à celui qu’il qualifiait de « collaborateur« , ce qui n’était pas précisément flatteur. L’effacement de Matignon s’expliquait également par le fait que le chef de l’État, contrairement à son prédécesseur, Jacques Chirac, a décidé de tirer toutes les conséquences du passage au quinquennat. La prépondérance présidentielle n’est certes pas une nouveauté. Le général de Gaulle affirmait déjà qu’il n’y avait « pas de dyarchie à la tête de l’État« . Sauf  lors des quatre cohabitations, Matignon a toujours été dans une position de subordination vis-à-vis de l’Élysée. Michel Debré, en désaccord avec de Gaulle sur l’Algérie a quitté le 57, rue de Varenne au bout de trois ans. Georges Pompidou, bien qu’il fût le principal artisan de la victoire législative de son camp en 1968, a été remplacé par Maurice Couve de Murville. Jacques Chaban-Delmas, victime (déjà !) du poids des conseillers de l’Élysée, a été débarqué en 1972, malgré une popularité jamais démentie. En 1976, Jacques Chirac a démissionné spectaculairement pour signifier ses désaccords avec la politique suivie par Valéry Giscard d’Estaing. Et Michel Rocard, débarqué en 1991, n’a pu faire autrement que reconnaître la prééminence de François Mitterrand. La position de François Fillon par rapport à Nicolas Sarkozy n’est donc pas inhabituelle. Elle l’est au demeurant d’autant moins que l’actuel Premier ministre a lui-même théorisé l’effacement de l’hôte de Matignon, allant même (dans son livre La France peut supporter la vérité) jusqu’à préconiser la suppression de la fonction. Il est cependant clair que, après des débuts difficiles, la relation entre le président et son Premier ministre s’est considérablement améliorée, au point que Nicolas Sarkozy manifeste aujourd’hui beaucoup plus d’égards envers François Fillon qu’il ne le faisait dans la première moitié de son quinquennat. Cela tient au rôle nouveau assigné au Premier ministre. Alors que Nicolas Sarkozy mène le pays et son camp avec une brutalité évidente, il utilise désormais le Premier ministre comme un agent pacificateur. C’est ainsi que François Fillon a déminé le dossier délicat de la réforme des collectivités territoriales et, c’est également lui qui est chargé de mettre de l’huile dans les rouages de la majorité. Voilà pourquoi, Fillon peut désormais envisager de passer des jours tranquilles à Matignon. Et, bien qu’il soit le Premier ministre de la Ve République qui aura le moins gouverné, il peut raisonnablement envisager de battre le record de longévité à Matignon;

Claude Guéant a déclaré en parlant de François Fillon je cite  » sa place n’est pas menacée. Même un mauvais résultat ne compromettrait pas son bail.  » Il y a quelques mois, on pouvait lire dans la presse nationale et régionale des articles intitulés « L’après fillon a commencé. » où d’autres titres se rapprochant.  En grands connaisseurs de la vie politique française les auteurs de ces articles se permettaient même  de passer en revue les prétendants à sa succession.  Et si Fillon reste Premier ministre après les élections régionales peut-on espérer que ces mêmes journalistes reconnaissent qu’ils ne sont pas visionnaires. Il y a peu de chance car en général les donneurs de leçons admettent rarement leurs erreurs.

Le Point avec son jury de dix personalités, L’Express, un point de vue dans la Provence, je me sens moins seul à défendre François Fillon qui est loin d’être l’homme transparent que certains veulent présenter. Sarkozy se montre, c’est un hyper président, François Fillon fait dans la discretion, il est donc transparent. Oui décidemment vouloir s’opposer à tout prix diminue les capacités de jugement et finit par faire dire ou écrire n’importe quoi.

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