C’ETAIT LE 29 AVRIL 1986…

LE NUAGE RADIOACTIF DE TCHERNOBYL ATTEINT LA FRANCE

Myriam Buanic, CERDACC

 

L’accident

Le 26 avril 1986, à 1h23 du matin, le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine explose. La dalle de 2.000 tonnes qui recouvre le réacteur est brisée. Un système de régulation défectueux et des erreurs techniques seraient en cause. Des substances radioactives du cœur du réacteur s’échappent à l’extérieur. Une partie du cœur est pulvérisée sur des bâtiments alentour. 30 pompiers sans protection décèdent dans les jours qui suivent.

Le 27 avril, 5.000 tonnes de matériaux sont lâchés sur le cœur par des hélicoptères. Les habitants de la ville voisine de Pripyat sont évacués progressivement. L'incendie dure 10 jours.

Le 28 avril, la Suède s’alarme d’un fort taux de radioactivité sur son territoire. Le gouvernement russe annonce officiellement l’accident.

Le 29 avril, « le nuage de Tchernobyl » arrive en France.

Le 30 avril, le SCPRI (Service Central de Protection contre les Rayons Ionisants) certifie qu’il n’y a pas de hausse de la radioactivité en France.

Du 1er mai au mois d’août, les habitants d’un rayon de 30 km autour du site de la centrale de Tchernobyl sont évacués.

Le 5 mai 1986, Tchernobyl est entièrement vidée de sa population.

15 décembre 2000 : Fin d’activité de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

 

La France et le nuage radioactif de Tchernobyl

Le nuage survole le sud-est de la France et la Corse le 30 avril (10 à 25 bq/m3). Le 1er mai, les trois-quarts de la France sont sous le nuage pendant près de 3 heures (4 à 25 bq/m3). Le 2 mai, les conditions météorologiques détournent le nuage vers l’intérieur du continent.

Les autorités françaises relativisent fortement le passage du nuage qui se serait « arrêté aux frontières de la France ».  Le 5 mai, le Ministère de l'agriculture déclare que « les taux de radioactivité des produits agricoles sont normaux en France (…). Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de la centrale de Tchernobyl. À aucun moment, les hausses observées de radioactivité n'ont posé le moindre problème d'hygiène publique » (franceinfo.fr, 7 septembre 2011).

Le 12 mai, le journal Libération fait sa une sur "Le mensonge radioactif". Les Français apprennent que le nuage était bien au-dessus d’eux et qu’il est porteur de retombées radioactives plus conséquentes que celles annoncées par les discours officiels.

En 2001, l'Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT) et la Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité (Criirad) portent plainte contre X car elles veulent faire établir un lien entre le passage du nuage radioactif de la catastrophe de Tchernobyl et l’augmentation du nombre de cancers de la thyroïde.

Le 20 novembre 2012, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu dans l’enquête sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France sans pour autant mettre fin à 25 ans de polémiques…

 

http://www.asso-malades-thyroide.org/
http://www.criirad.org/

 

 

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